De nombreuses études émanant des organisations des droits de l'homme et des médias évoquent le rapport existant entre le Comité de la Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice (police religieuse) d’une part, et la situation de la femme en Arabie Saoudite d’autre part. C’est une question qui montre une fois de plus leur méconnaissance de la culture saoudienne et leur capacité à forger des fables à destination de leur public.
En lisant ces rapports et articles publiés par les médias occidentaux – surtout aux Etats-Unis - sur la condition de la femme saoudienne, nous avons eu la conviction qu'il existe des préjugés tenaces sur ce sujet en Occident. Ils résultent d’un ensemble de paroles, d'actes et de réactions complètement éloignés de la réalité qui ont été utilisés à des fins d’incrimination et de dramatisation, surtout lorsque ces faits et problèmes en rapport avec la femme saoudienne, son éducation, son épanouissement, les valeurs auxquelles elle est attachée et à la lumière desquelles elle s’engage dans la voie de la connaissance et du travail, sont soumis aux lois et critères occidentaux. Nous nous demandons alors où sont l’impartialité et la crédibilité. Et cela, d’autant plus que nous sommes convaincus que leurs médias ont tenté de nous inculquer pendant de nombreuses années l’idée que leurs lois et leurs conceptions ne proviennent pas du néant mais sont plutôt le fruit d’études appliquées et objectives et d’une démarche de recherche impartiale. Où est donc l’impartialité dans ces accusations et ces faussetés proférées a l’encontre de la femme saoudienne ? Où est l’impartialité lorsqu’ils décrivent la condition de la femme saoudienne (qui peut être académicienne, médecin, administratrice, femme d’affaires active sur le plan national, régional (arabe) et international, journaliste, infirmière, économiste travaillant dans le domaine bancaire, les finances et les affaires, femme de lettres, conteuse, romancière, poétesse…) dans leurs écrits et leurs rapports ?
Ces instances dénigrent le mode de vie de la femme saoudienne, ses réalisations et ses succès en intitulant leurs rapports toujours de la même façon, à peu de choses près: « Les souffrances de la femme saoudienne ». Ceux qui écrivent des articles en leur donnant un tel titre ne savent manifestement rien sur ce sujet et ignorent le travail et les efforts qu’a fournis la femme saoudienne dans son pays, étant à la fois attachée aux valeurs religieuses et soucieuse de faire progresser la condition féminine.
Ceux qui ont ainsi méconnu la spécificité de la femme en Arabie Saoudite en parlant sans cesse de ses souffrances n’ont pas pris le temps de lire les rapports établis par certains organes de l’Organisation des Nations unies comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ils comportent des chiffres et des explications qui mettent en exergue la réussite de la femme saoudienne dans le domaine du développement, et bien d’autres données que n’ont pas publiées les rapports internationaux ni les médias occidentaux, sans oublier les éléments qui sont à la portée de quiconque désire sincèrement mener des recherches.
Le gouvernement saoudien a en effet ratifié le pacte des Nations unies pour la suppression de toutes les formes de discrimination contre les femmes, adopté par l'Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 34-180 du 18 décembre 1989 à New York, et cela s’est fait conformément aux enseignements de l'Islam et aux valeurs en vigueur dans la société saoudienne. Après cette date, comme c’était déjà le cas auparavant, les femmes saoudiennes ont participé à de nombreux comités et institutions conformément à ces instructions.
Si nous nous penchons sur la situation juridique de la femme en Arabie Saoudite, nous pouvons dire qu'il existe un ensemble de sources et des règles précises qui constituent la référence officielle et juridique des droits de la femme. La première source, et la plus importante, se trouve dans le Qur'an et la Sunna pure du Prophète (r) qui prônent l’égalité et la non-discrimination. Au niveau législatif, la Loi fondamentale de la gouvernance publiée par le décret royal numéro أ-90 du 27-8-1412 contient plusieurs passages qui garantissent les droits de l'homme de manière générale ; étant donné que le droit à l'égalité en est l’un des principaux, les droits de la femme en général se trouvent ainsi confirmés. Il s’agit de l’article 8 qui stipule que « la gouvernance dans le Royaume d’Arabie Saoudite se fait sur la base de la justice, la consultation et l'égalité conformément à la législation islamique » et de l’article 13 qui stipule que « l’Etat protège les droits de l’homme conformément à la législation islamique ». Ces deux articles confirment donc la nécessité de protéger les droits de l’homme dans le Royaume et reconnaissent le principe de l’égalité entre tous les citoyens sans discrimination de sexe. La parité en matière de salaire et de retraite est respectée.
Conformément à ce principe, les autres articles de cette loi garantissent de nombreux droits aux citoyens, comme le droit à l’instruction et au travail, à la sécurité sociale en cas d’urgence, de maladie, d'incapacité et de vieillesse, le droit aux soins, à la sécurité, l’inviolabilité de la vie privée et le droit à la propriété privée. L’article 30 de la Constitution du pays rappelle « que l’Etat a l’obligation d’offrir l’enseignement public à tous et de lutter contre l’analphabétisme sans discrimination entre les hommes et les femmes ». De même, l’article 31 énonce « le droit à la santé publique pour tous les citoyens » en ces termes : « L'Etat s’occupe de la santé publique et offre les soins de santé à chaque citoyen ».
Sur le plan international, l’Arabie Saoudite s’est engagée au respect les droits de l’homme à la lumière des prescriptions de la législation islamique en signant la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10 décembre 1948 par l’assemblée générale des Nations unies. Ce texte confirme le principe de l'égalité et le refus de toute discrimination entre les hommes à cause de leur couleur ou de leur sexe. Le Royaume a par la suite signé et ratifié le pacte des Nations unies pour la suppression de toutes les formes de discrimination contre les femmes adopté par l'Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 34-180 du 18 décembre 1989 à New York comme nous l'avons indiqué précédemment.
Nous pouvons dire que la signature de cette convention par le Royaume d’Arabie Saoudite constitue une avancée notable dans le domaine des droits de l’homme. En effet, bien que l'Islam ait garanti ces droits depuis plus de 14 siècles et d’une manière qui dépasse de loin les droits et les conventions créés par l'homme, l’adoption de cette convention confirme le respect par l’Arabie Saoudite des règles et lois adoptées par la communauté internationale, d’autant plus qu’elle compte parmi les pays fondateurs de l'Organisation des Nations Unies, puisque ses représentants avaient participé, avec 49 autres Etats, à la conférence internationale au cours de laquelle fut élaborée et signée la charte de l’Organisation des Nations unies à San Francisco (25 avril-25 juin 1945). Elle participe toujours activement à l’élaboration de la philosophie de cette organisation internationale. Il est à espérer que la participation de la femme saoudienne à la vie économique et sociale progresse dans le futur, toujours dans le respect des règles de la législation islamique et des acquis sur lesquels se fonde la société saoudienne.
Les femmes saoudiennes sont présentes dans beaucoup de comités, d’institutions et de services gouvernementaux et ont occupé plusieurs postes à responsabilités vitaux au sein de l’Etat ; de nombreuses fonctions ont été féminisées. Grâce à l’appui et à l’encouragement incessants dont elles bénéficient et avec les occasions et les possibilités qui leur sont offertes, elles ont obtenu des succès éblouissants au-delà des frontières du pays. Le gouvernement saoudien a soutenu ce progrès équilibré de condition de la femme. En effet, le conseil des ministres a publié en juin 2004 plusieurs décisions spécifiques pour les femmes après des études en rapport avec l’augmentation des offres d'emploi la concernant dont voici quelques exemples :
1- Il incombe aux services gouvernementaux qui délivrent les autorisations pour la pratique des activités commerciales, chacun dans leur domaine de compétence, d’accueillir favorablement les demandes des femmes pour émettre les autorisations nécessaires à la pratique de ces activités en bonne et due forme.
2- Il incombe à tous les services de l’Etat qui sont en rapport avec les femmes de créer des unités et des sections féminines, en fonction du besoin et de la nature du travail dans un délai d’un an à compter de la date de publication de cette décision.
3- Il incombe au conseil des Chambres du commerce et de l’industrie saoudiens de former un comité féminin constitué de femmes expérimentées et compétentes qui se chargera de la coordination avec les services concernés pour encourager les structures du secteur privé à créer des activités et des espaces de travail pour la femme saoudienne (sans que cela n’entraîne la nécessité du recours à une main-d’œuvre féminine étrangère), la création de formations pour les Saoudiennes qui souhaitent œuvrer dans ces activités et domaines, et l’apport du soutien matériel et moral nécessaire à sa réussite, chaque service gouvernemental devant contribuer dans son domaine de compétence à la concrétisation de cet objectif.
4- La Caisse de développement des ressources humaines doit accorder une importance particulière à la formation des femmes saoudiennes et à leur emploi dans ses plans et programmes.
5- Le ministère du travail doit, en coordination avec le ministère du service urbain et le ministère des affaires sociales, prendre les mesures nécessaires au développement du télétravail, étant donné que c’est l’un des nouveaux domaines qui permet à la femme de travailler, veiller à la bonne exécution des programmes de la famille productive et apporter le soutien nécessaire à son succès.
6- Il incombe au ministère du travail, en collaboration avec le ministère de l'économie et de la planification et le ministère du service urbain, de faire un plan national complet pour les femmes actives saoudiennes qui précisera leurs besoins dans diverses spécialités dans un délai d'un an à partir de la date de publication de la présente décision.
7- Le travail dans les magasins vendant des produits féminins doit être réservé aux femmes saoudiennes, et il incombe au ministère du travail d'élaborer un calendrier pour exécuter cette décision et veiller à sa bonne application.
8- Le ministère du travail, le ministère du commerce et de l’industrie et le conseil des Chambres du commerce et de l’industrie saoudiennes doivent étudier les congés de maternité pour la femme fonctionnaire pour pouvoir prolonger leur durée de manière à donner à la femme plus de motivation et d’avantages et ne pas décourager son désir de travailler.
Grace à ces facilitations, la femme saoudienne est entrée en force dans le domaine du travail, puisqu'un grand nombre de femmes sont devenues fonctionnaires. En effet, la femme saoudienne gagne un salaire égal à celui de l’homme pour un travail identique, tandis que les femmes en Amérique et en Europe gagnent la moitié du salaire des hommes. Abdoul Karim Al Jouraisy, secrétaire général de la Chambre du commerce à Riyad affirme dans un article publié par le journal saoudien Al Jazeera dans sa parution du 15 février 2005 que les capitaux constitués par l’épargne des femmes dans les banques saoudiennes représentent 70% des épargnes. La raison en est qu’elles sont libres de disposer de leur salaire et de leurs investissements personnels comme bon leur semble, puisque c’est leur père ou époux qui assure leur entretien.
Cependant, il y a des acquis et des principes que la femme a veillé à préserver et affirmer dans le domaine du travail, parmi lesquels :
1- La non-mixité avec les hommes dans le domaine du travail. Le contact avec les chefs ou les subalternes parmi les hommes se fait par téléphone, par ordinateur ou par tout autre moyen qui permet à la femme de communiquer facilement et efficacement.
2- La femme saoudienne qui entre dans le domaine du travail bénéficie d’une égalité parfaite avec l'homme en ce qui concerne le salaire et les droits. Elle gagne exactement le même salaire que l'homme. D’autre part, bien que recevant le même salaire, elle n’est pas responsable des dépenses d’entretien de sa famille. Les dépenses d’entretien de la famille dans la société saoudienne –conformément à la croyance islamique- font partie des obligations de l'homme. C'est l'homme en effet qui est le responsable des dépenses familiales. Cette répartition des rôles explique que le salaire de la femme lui sert en général à effectuer des achats superflus. C’est pourquoi elle est complètement satisfaite du salaire qu’elle obtient moyennant son travail. Une étude sur l’évaluation de la satisfaction professionnelle auprès des chefs hommes et femmes des divisions académiques dans les institutions de l’enseignement supérieur d’Arabie Saoudite montre que le niveau de satisfaction chez les femmes chefs de section est en augmentation en ce qui concerne le traitement matériel, et en baisse chez les hommes.
La société saoudienne croit en l’existence de différences naturelles entre les deux sexes. La femme ne peut pas faire tout ce dont l’homme est capable, et vice versa. C’est pour cela que l’on donne à la femme saoudienne l’opportunité de travailler dans les domaines qui conviennent à sa nature. Tenir compte de ces différences naturelles ne veut pas dire que l’on déprécie la valeur de la femme ; bien au contraire, cela l’honore. La femme, dans la société saoudienne, n’accomplit pas les travaux pénibles qui requièrent un effort physique ; en général, on lui réserve des fonctions moins éprouvantes qui requièrent précision et patience, comme l'enseignement, le secrétariat, l'administration, la médecine, le service communautaire. On voit le bien-fondé de cette répartition en comparant cette situation avec les conclusions d’une étude menée auprès des femmes enrôlées dans l’armée américaine : ces femmes ne peuvent pas effectuer les travaux pour lesquels elles ont pourtant reçu un entraînement, comme le remplacement de roues des avions et l’emmagasinage de munitions, parce que ce sont des travaux qui nécessitent une force physique qui n’est pas compatible avec la délicatesse de la femme.
Par ailleurs, le fait que la femme saoudienne travaille dans des sections et administrations qui lui sont spécifiques lui a permis de parvenir à des échelons élevés et à de grands postes de responsabilité, la concurrence des hommes lui étant épargnée. Elle peut ainsi prétendre à la présidence des sections féminines, à la direction d’agences de banque, des écoles pour jeunes filles, aux postes de doyen des facultés des filles, etc.
Ces exemples prouvent que la femme saoudienne ne vit pas la détresse décrite par les sources d'information en Occident et que ressassent tous les rapports écrits sur la condition et les droits de la femme et en Arabie Saoudite.