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La naissance de l'humanité


 

     

Gustave Le Bon[1], célèbre savant français, a dit : "L'Histoire n'a pas connu de dirigeants plus justes et plus cléments que les Arabes". Cette particularité qui distingue les Arabes des autres grands acteurs de  l'Histoire – ainsi que l'a remarqué et publiquement proclamé ce fameux penseur français – est en vérité un des effets bénéfiques produits par le message d'Allah, Qui a choisi pour le transmettre le meilleur de Ses serviteurs et la plus parfaite de Ses créatures, Muhammad fils de `Abdullah (r). Aussi, le jour de sa naissance fut aussi le jour où naquit la justice que l'humanité attendait. Ce fut également un jour annonciateur de la miséricorde divine dont allaient bénéficier les hommes pour la première fois à grande échelle à travers le message de Muhammad.

 

La naissance de Muhammad ne fut pas seulement la naissance d'un individu mais aussi celle d'une humanité nouvelle. Avant cela, l’idéal de l'homme parfait était l'affaire d'une élite restreinte et n'avait de réalité que pour une poignée d'hommes privilégiés. Lorsque Allah décida la venue sur terre de cet homme dont le souvenir est à jamais gravé dans les mémoires, Il éleva par la même occasion le rang de l'humanité et la fit parvenir à ce degré d'excellence dont rêvaient les philosophes tout en pensant que ce n'était qu'un vœu chimérique. Après avoir été une simple espérance, l'humanité idéale devint alors une réalité incarnée par une croyance et une religion. Elle possédait son propre Etat, un Etat qui considère la sincérité comme un des piliers de sa religion, la pudeur comme une des branches de sa foi, la miséricorde comme une de ses armes de combat, fait de la défense de la vérité, l'une des devises de sa société et s'emploie à débarrasser tout chemin des obstacles qui le jalonnent, en vertu de cette bienséance islamique adoptée par tous ceux qui ont choisi de suivre le plus noble et le meilleur des guides.

 

L'homme de lettres le plus éminent de notre siècle, Mustafa Þâdiq ar-Râfi`î (qu'Allah l'accueille dans sa miséricorde), a dit : « Le vrai réformateur, ce n'est pas celui qui intervient dans la marche de l'histoire, car c'est là chose facile, à la portée des plus stupides ; non, le vrai réformateur, c'est bien plutôt cet homme dont l'histoire elle-même ne peut altérer l'action, des siècles après lui ».

 

Le réformateur suprême et le meilleur de tous les envoyés d'Allah est celui dont le message est le seul qu'Allah s'est chargé Lui-même de préserver, garantissant la pérennité de son livre, et entourant de Sa protection indéfectible ses principes, ses sunnas, ses jugements et ses objectifs. Il l'a ainsi mis à la disposition des hommes sous sa forme originelle et authentique. C'est comme si les accents de sa noble voix résonnaient encore dans chaque lettre, chaque passage à chaque instant, laissant les hommes ébahis par sa perfection inégalée.

 

Dans son livre Le pèlerinage à la Mecque, Lady Evelyne Kobold a écrit : « A Goethe qui se posait la question suivante : "Si tel est l'Islam, ne sommes-nous pas tous musulmans ?" Carlyle a répondu : "Bien sûr, celui qui vit selon l'esprit vit selon l'Islam" ».

 

M. Wilz, l’un des plus grands historiens de ce siècle, explique quant à lui : « Toute religion qui se montre incapable de s'adapter à la civilisation, aux différents stades de son existence, est à rejeter. En effet, une religion qui se dissocie de la civilisation est un mal qui se retourne contre ses adeptes et les conduit à la perte.

La seule religion véritable dont j'ai remarqué qu'elle suit le progrès en toutes circonstances est la religion islamique. Si l'on veut en avoir un aperçu, il suffit de lire le Qur'an. Bon nombre de ses principes sont encore en vigueur de nos jours et le resteront jusqu'à la fin des temps. Si le lecteur me demandait de définir l'Islam, je résumerais ma définition par la formule suivante : l'Islam, c'est la civilisation ».

 

Qui peut m'indiquer une seule période au cours de laquelle l'Islam se posa en adversaire de la civilisation et du progrès ?

 

C’est Muhammad qui a réussi en moins d'un quart de siècle à éclipser deux empires parmi les plus puissants du monde, à renverser complètement le cours de l'histoire, à dompter le caractère récalcitrant d'une nation qui a élu domicile aux confins du désert brûlant, une nation connue pour son courage, sa maîtrise de soi, mais aussi pour son goût de la vengeance et son attachement à l'héritage de ses ancêtres. L'empire romain lui-même n'avait pas su soumettre à son ordre la nation arabe. Qui doute encore que la force extraordinaire grâce à laquelle Muhammad est parvenu à dominer ses adversaires provient d’Allah ?

 

Cette nouvelle civilisation, ou plutôt cette humanité supérieure qui a vu le jour avec la naissance du plus éminent des guides dont le projet était inscrit dans son message sublime et dont la réalité était incarnée par les Compagnons et leurs disciples (tâbi`în), s'est malheureusement vue entraver par Charles Martel. Les Occidentaux qui ignorent l'Islam ont coutume de glorifier Charles Martel, mais lorsque certains ont perçu les objectifs de ce message, compris la noblesse de son origine et la valeur précieuse de son essence, leur jugement vis-à-vis de ce douloureux événement historique a radicalement changé. Ainsi, Henri Chambon, directeur de La revue parlementaire française a-t-il affirmé : « Sans la victoire sauvage de l'armée de Charles Martel contre l'avancée des Arabes en France celle-ci n'aurait pas connu les ténèbres du Moyen Âge, n'aurait pas souffert de ses atrocités, n'aurait pas vécu les luttes intestines meurtrières résultant du fanatisme religieux et doctrinal. N’eût été cette victoire barbare contre les Arabes, l'Espagne aurait échappé à l'infamie que furent les tribunaux de l'Inquisition. La marche de la civilisation n'aurait pas connu un retard de huit siècles. Nous sommes redevables aux peuples arabes de toutes les avancées qu'a connues notre civilisation dans le domaine des sciences, des arts et des techniques, alors que nous prétendons dominer ces peuples qui possèdent des qualités séculaires. Il leur suffit comme mérite d'avoir été un modèle de perfection humaine durant huit siècles, tandis que nous étions le modèle de la barbarie. C'est un mensonge et une calomnie de prétendre comme nous le faisons que les choses ont changé et qu'ils représentent aujourd'hui ce que nous, nous représentions par le passé ».



[1] (1841-1931)


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