Articles : Education, comportement
 
Page Principale
 
Qui Sommes nous
 
Articles
'Aquida
Fiqh
Femmes
Sira des Prophetes
Da'wa
Education, comportement
 
Nos Livres
 
Liste des Livres Traduits
 
Posez Vos Questions
 
Contactez nous

Prenons garde à la noélisation du Ramadhan !


 

     

Autrefois, lorsqu'il restait encore six mois avant le retour du Ramadhan, les compagnons imploraient Allah de leur accorder la vie jusqu'au mois béni. Aujourd'hui, Alhamdoulillah, même si nous n’en sommes pas tous encore là,  nous sommes de plus en plus vigilants lorsque le Ramadhan approche, comptant les jours qui nous séparent de l'hôte bien aimé, et nous ne sommes pas les seuls: bon gré, mal gré les moeurs islamiques s'intègrent dans le paysage culturel, mais aussi commercial, français.  Les supermarchés, constatant l'effervescence qui règne dans les commerces islamiques, veulent eux aussi leur part du loukoum. Lorsque l'on voit la lente mais sûre dégradation des fêtes chrétiennes devenues de vraies foires commerciales, il serait bon de veiller à ce que notre saint mois de Ramadhan ne pâtisse pas de la même frénésie.

 

 

Noélisation commerciale

 

On le sait, les musulmans sont des gens suspects, bizarres, susceptibles de cacher des bombes sous leurs grandes barbes ou leur grands voiles mais ce sont aussi, parfois avant tout malheureusement,  des consommateurs, des clients, des porte-monnaie souvent pansus. S'il est vrai que la religion les contraint à un jeune diurne l'espace d'un mois, on sait aussi que la nuit venue, les privations du jour sont joliment compensées par une débauche de pâtisseries et plats traditionnels en tout genre. Ramadhan, mois culinaire? Les longues files devant l'épicier oriental et l'animation inusitée des cuisines en donnent la preuve. Bien sur, il n'y a là, théoriquement, rien de blâmable. Ramadhan est un mois de convivialité où les familles en profitent pour renouer avec les traditions du pays, inviter les proches, manger ensemble, mais cette valorisation nocturne du ventre est-elle vraiment en accord avec l'objectif recherché? Quand on voit les excès de certains qui consacrent toute la journée ou presque à la préparation des repas du soir et la nuit à la consommation desdits mets, on se dit qu'on est loin de l'exemple de Saydah Fatima- qu’Allah soit satisfait d’elle- qui travaillait durement le jour en jeûnant offrant son repas la nuit à un mendiant. On peut aussi se demander si c'est là la meilleure façon de se préparer à une intense nuit spirituelle faite de Tarawih et de qiyam al layl, si une riche table de festin ne nous incite pas plus aux conversations futiles qu'au recueillement? Le repas de rupture est certes une première récompense pour le jeune et mérite donc d'être soigné, mais comme toute chose point trop n'en faut, si l'on ne veut pas glisser vers la noélisation, c’est-à-dire la réduction d'une célébration religieuse à sa seule dimension festive, conviviale. Nous nous devons d’autant plus d’être vigilants que les requins du commerce ont bien saisi là une occasion de consommer davantage et viennent donc flatter les tendances gloutonnes de notre âme charnelle.

 

 

 

 Noélisation morale

 

Un autre écueil nous guette, celui de la noélisation morale. Par ce néologisme nous voulons désigner une attitude qui consisterait à faire du Ramadhan le mois exclusif de la bonne action. On remarque que même chez les moins pratiquants, Ramadhan inspire des réflexes de meilleure conduite, conscients de la valeur exceptionnelle de ce mois nous tenons à récolter le plus de récompenses et c’est légitime. Néanmoins il serait dommage que cet effort de vertu se limite à l’effet magique qu’a Noël chez d’autres, nuit enchantée où on fait sa bonne action de l’année pour mieux retomber dans son égoïsme mesquin au quotidien. Pendant Ramadhan, on redécouvre le chemin de la mosquée, on invite ses proches, voire des inconnus dont on sait qu’ils sont pauvres, isolés, on ouvre plus souvent son Qur’an…et après ? Faut-il vraiment attendre douze mois encore pour ressortir toutes ces bonnes initiatives valables en toute période ? Pourquoi ne pas prendre le mois de Ramadhan comme un tremplin qui année après année enracine en nous toujours plus de pieuses pratiques ? Fiers d’avoir bouclé le très pieux emploi du temps que nous avions élaboré pour Ramadhan,  faisons-en une adaptation plus légère s’il le faut au reste de l’année : fixons-nous un jour de jeune hebdomadaire, le jeudi ou le lundi, ou bien observons les trois jours de jeune perpétuel, établissons un programme de lecture du Qur’an, n’hésitons pas à inviter nos frères et sœurs à partager notre table, continuons nos saddaqats à la mosquée. Bref, ayons à l’esprit le hadith qui dit que le Prophète était le plus généreux des hommes, et plus encore pendant le mois de Ramadhan. Le bien n’a que des printemps florissants, jamais de saisons mortes.

 

 

 

 


Copyright © 2005 Editions Assia, tous droits réservés.

Haut de page

Latest Headlines
La barbe
Prenons garde à la noélisation du Ramadhan !
La naissance de l'humanité
La naissance de l'humanité (1)
Communication importante
Le Comité de la Recommandation du Bien et de l’Interdiction du Blâmable : un organisme de reforme sociale en Arabie Saoudite
Les organismes de la reforme sociale et la police sociale (introduction)
Le Mérite des 10 (premiers) jours de Dhul-Hijja
Quelques Notions sur l’Aïd
Le pape et le christianisme : synonyme d'amour ?
 
 
 
Copyright © 2005 Editions Assia, tous droits réservés.
Powered by KnowledgeGate web Solutions