Les liens entre musique et personnalité n’ont pas besoin d’être démontrés, d'ailleurs, nombre de scientifiques musicologues se sont penchés sur la question. Les musiques rythmées aux paroles déchaînées rendent ceux qui les écoutent plus violents, celles qui sont plus langoureuses attisent le désir sexuel, certaines font l’apologie de la drogue, d'autres ne s'écoutent et ne se comprennent que si la personne se trouve en état d'ivresse ou droguée, d'autres encore incitent au suicide ou au meurtre. Ces divers courants musicaux sont sans cesse mis en cause dans les médias et les études scientifiques, vu que les adolescents d'aujourd'hui utilisent plutôt la musique comme moyen de se donner une identité, de renvoyer une image qui n'est pas la leur à leur entourage. Le dernier exemple en date en est le massacre du lycée de Colombine, aux Etats-Unis : les deux meurtriers étaient des fans de Marilyn Manson.
Allah, par Sa Sagesse et Sa parfaite connaissance de Ses créatures, sait que la musique peut influencer l’homme, le mener au mal et au péché, le détourner progressivement de Son rappel ou de la vie future, c'est pourquoi Il l'a interdite par miséricorde pour notre bien ici-bas et dans l'au-delà. Allah dit : « Et, parmi les hommes, il est (quelqu’un) qui, dénué de science, achète de plaisants discours pour égarer hors du chemin d’Allah et pour le prendre en raillerie. Ceux-là subiront un châtiment avilissant. »[Sourate 31 Verset 6]. Ibn Massoud répondit à une question sur les plaisants discours en disant : « C’est le chant et rien que lui » et le répéta trois fois (Ibn Kathîr). Ibn Abbas, Ibn Omar et Jâbir ibn Abdoullah, qui comptent parmi les principaux Compagnons, dirent la même chose et affirmèrent que les plaisants discours ne désignaient rien d’autres que le chant.
Allah dit dans un autre verset : « Excite, par ta voix, ceux d’entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants et fais-leur des promesses. Or, Le Diable ne leur fait des promesses qu’en tromperie. » [Sourate 17 Verset 64]. L’Imam des exégètes Moujâhid dit à propos de la voix de Satan : « Il s’agit des flûtes, de la distraction et du faux. » Ad-Dahhâk ibn Mouzâhim dit : « Il s’agit du son de la flûte » Al-Qourtoubi 288/10. Allah dit dans un autre verset : « Quoi ! Vous étonnez-vous de ce discours (le Coran) ? Et vous (en) riez et n’en pleurez point ? Absorbés (que vous êtes) par votre distraction. » [Sourate 53 Verset 59-61]. Ibn Abbas explique : « Il s’agit du chant, et le terme arabe (Samidoun : Absorbés par votre distraction) utilisé dans le verset provient de la langue des Yéménites. » Moujâhid ibn Jabr dit : « Il s’agit du chant, car les Yéménites utilisent le verbe (Samad) pour dire chanter. »
Abou Mâlik Al Ach'ari (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Il y aura dans ma nation des gens qui se permettront l’usage de la soie, de l’alcool, et des instruments musicaux. » [Hadith rapporté par Al-Bokhari].
Nâfi' (qu'Allah l'agrée) raconte que Abdullah Ibn Omar (qu'Allah les agrée) entendit (lors d'un voyage) la flûte d'un berger. Il plaça alors ses doigts dans ses oreilles et écarta sa monture de la route en disant : « Nâfi' ! Nâfi' ! Entends-tu encore (le son de la flûte) ? » Je répondis : « Oui. » Il continua à avancer jusqu'à ce que je lui répondis : « Non. » Il leva alors ses mains et ramena sa monture vers la route et dit : « J'étais en présence du Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lorsqu'il entendit la flûte d'un berger. Il fit alors exactement la même chose (que je viens de faire). » [Hadith rapporté par Ahmad, Abou Dâoûd, Ibn Mâjah]. Abdoullah Ibn Omar (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « En vérité, Allah a interdit le vin, les jeux de hasard, le tambour et le Ghoubayrâ (instrument à six cordes, luth ou tout autre instrument de musique.) » [Hadith rapporté par Ahmad et Abou Dâoûd].
Imrân Ibn Houssayn (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Il y aura dans cette communauté des ensevelissements, des défigurations et des lapidations ». Un musulman demanda : « O Envoyé d'Allah ! Quand est-ce que cela aura lieu ? » Il répondit : « Lorsque proliféreront les chanteuses, les instruments de musique et lorsque le vin sera bu. » [Hadith rapporté par Tirmidhi].
Abou Houraïra (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque les voix s'élèveront dans les mosquées, que le dirigeant d'un peuple sera le plus grand pécheur parmi eux, et que les gens de confiance seront les plus vils, on respectera un homme par crainte de ses méfaits (et non pas pour ses qualités), les chanteuses et les instruments de musique apparaîtront, le vin sera bu et lorsque la dernière partie de cette communauté maudira la première partie [c'est à dire les premiers musulmans, comme les Compagnons et leurs successeurs (qu'Allah les agrées)], alors attendez-vous à ce moment à ce qu'un vent rougeâtre, des tremblements de terre, des ensevelissements, des défigurations, des lapidations voient le jour, ainsi que des signes qui se suivront successivement, à l'instar des grains d'un chapelet brisé qui tombent, les uns après les autres. » [Hadith rapporté par Tirmidhi]
Abou Oumamah (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah m'a envoyé comme miséricorde et guidée pour les mondes. Et Il m'a ordonné de faire disparaître les mazâmîr, les barâbit et les ma'âzif (différents instruments de musique), ainsi que les idoles qui étaient adorées durant l'époque de l'ignorance. » [Hadith rapporté par Ahmad]
Ibn Mas'oud (qu'Allah l'agrée) rapporte : « La musique fait pousser l'hypocrisie dans le cœur. » [Hadith rapporté par Abou Dâoûd et Bayhaqui].
Anas (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui s'assoit pour écouter une chanteuse aura du plomb fondu coulé dans les oreilles au Jour Dernier. » [Hadith rapporté par Abou Ishâq An naïsâboûri] Omar (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le salaire du chanteur et de la chanteuse est illicite. » [Hadith rapporté par Tabrâni]
Par contre, en ce qui concerne le douff (tambourin plat, composé d'une peau tendue sur un cadre de bois cylindrique ouvert de l'autre côté sans disques métallique sur les côtés rendant un son de grelots, ni cordes à l'intérieur pour améliorer le son), cet instrument est licite pour les grandes occasions comme la proclamation de mariage et les deux fêtes. Le Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a autorisé leur emploi dans certaines situations et sous certaines conditions. Bouraïdah (qu'Allah l'agrée) a dit : « Le Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) partit une fois pour une campagne militaire. A son retour, une jeune fille noire vint le voir et dit : « O Envoyé d'Allah ! J'avais formulé le vœu que si Allah vous ramenait sains et saufs, je jouerai du douff en votre présence et je chanterai. » Le Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lui dit : « Si tu as réellement fait ce vœu, alors tu peux jouer…Dans le cas contraire, non. » Elle commença alors à le faire. Abou Bakr (qu'Allah l'agrée) entra et elle continua à jouer. Puis Ali (qu'Allah l'agrée) entra et elle continua encore. Ce fut ensuite au tour de Othmân (qu'Allah l'agrée) d'arriver et elle ne s'arrêta pas. Enfin, Omar (qu'Allah l'agrée) entra, elle cacha alors son douff sous elle et s'assit dessus. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) fit alors la réflexion suivante : « Satan a peur de toi, O Omar ! J'étais assis et elle était en train de jouer du douff. Abou Bakr (qu'Allah l'agrée) est entré et elle a continué à jouer. Puis Ali (qu'Allah l'agrée) est arrivé et elle a continué encore. Ce fut ensuite au tour de Othmân (qu'Allah l'agrée) d'arriver et elle ne s'est pas arrêtée. Enfin, lorsque tu es entré, ô Omar, elle a caché le douff ! » [Hadith rapporté par Ahmad et Tirmidhi]
Aïcha (qu'Allah l'agrée) raconte qu'Abou Bakr (qu'Allah l'agrée) est entré chez moi une fois, alors que deux fillettes parmi les Ansârs étaient présentes. Elles étaient en train de chanter les actes (de courage et de bravoure) des Ansârs lors de la bataille de Bou'ath. Mais ce n'étaient pas de véritables chanteuses. Abou Bakr (qu'Allah l'agrée) dit alors : « Quoi ? Des instruments (de musique) de Satan dans la maison de l'Envoyé d'Allah ? » C'était un jour de fête. Le Prophète Mohammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « O Abou Bakr ! Chaque peuple a sa fête et c'est aujourd'hui la nôtre. » [Hadith rapporté par Al-Bokhâri]. Le grand savant et spécialiste des sciences du hadîth Muhammad Nâsiruddîn Al Albâni a expliqué le hadith comme suit : « En effet, nous sommes là dans le cadre spécifique du chant de jeunes filles s’accompagnant d’un tambourin, le jour de l’une des deux fêtes islamiques annuelles. C’est donc pour cela que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a admis cette pratique. En revanche, c’est s’éloigner de la juste voie et interpréter faussement le hadîth que d’en déduire l’autorisation du chant de femmes pubères et étrangères, ainsi que la possible utilisation d’instruments de divertissement tels que le luth ou autres, en dehors d’un jour de fête. En effet, comment une telle déduction pourrait-elle être juste avec ce blâme d’Abû Bakr à l’égard du chant accompagné d’un tambourin : « La flûte du diable aurait-elle sa place dans la demeure du messager d’Allah ? » Or, ce dernier (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’a pas totalement désapprouvé ce propos. Bien au contraire, il l’a globalement approuvé, sauf en ce qui concerne le chant évoqué ici, lors des jours de fête, qui constitue donc une exception. Ainsi, en disant : « Laisse-les, O Abû Bakr ! Chaque peuple a une fête, et celle-ci est la notre », le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) justifie l’autorisation d’une pratique qu’Abû Bakr avait blâmée en des termes généraux. Ce qui signifie par conséquent que ladite pratique n’est pas permise en dehors des jours de fêtes religieuses, exception faite de ce qui l’a été dans d’autres textes comme l’utilisation du tambourin lors des célébrations de mariages. Voilà donc, d’après ce que je sais, tout ce que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a rendu licite : le tambourin, uniquement, les jours de fêtes et lors des célébrations de mariages. Et en dehors de ce cadre, c’est l’interdiction que les hadiths ont mentionnée qui prévaut. »
On interrogea un jour le cheikh Salih Al-Fawzan sur la vente d'instruments et de cassettes de musique :
1-La vente des instruments de musique est interdite, que ce soient les instruments à vent, la guitare, les instruments à percussion et tous les appareils produisant de la musique en général, tout ce qu'on utilise à cet effet, même si on leur donne des noms différents, comme les instruments artistiques. Il est interdit au musulman de vendre ces instruments et ces appareils, car il faut les détruire et il ne devrait en rester aucun dans les pays musulmans. Que dire donc du fait de les vendre et d’en tirer un bénéfice? C'est une chose illicite.
2-Il est interdit de vendre les cassettes de chanteurs et chanteuses accompagnés de musique, qui contiennent des paroles d'amour, de passion, qui vantent la beauté des femmes. Il est interdit d'écouter ces chansons, de les enregistrer et de les vendre. Les produits de la vente font partie des gains illicites que le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a interdits de la manière la plus catégorique, car ces chansons contribuent à répandre la débauche et l'immoralité, elles corrompent les mœurs et introduisent le mal dans les foyers musulmans. [Fatawas tirée du livre Le commerce et ses interdits en islam]